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Trafic de loups en Lozère : une rumeur infondée

lundi 7 mars 2005, par Thierry

Ayant involontairement contribué à la propagation de cette rumeur en diffusant cet article en décembre dernier, nous publions ici un extrait tiré de "La Lozère Nouvelle" du 25 février qui fait le point sur l’enquête préliminaire :

La SELO contre-attaque

L’organisme présidé par Jacques Blanc et dirigé par Pierre Spirito porte plainte pour "diffamation, dénonciation calomnieuse et propagation de fausses informations".

On se souvient de cette rumeur selon laquelle un trafic de têtes de loups naturalisées s’était développé à partir du parc du Gévaudan. Aujourd’hui, l’enquête préliminaire diligentée par le Procureur de la république de Mende est terminée. Rien n’est venu étayer le soupçon de trafic même si des carences administratives ont été relevées, ce qui n’a rien à voir avec un trafic d’animaux. Nous avons d’abord demandé à pierre Spirito ce qu’il pensait des résultats de l’enquête préliminaire qui vient de se dérouler [1].

"La première accusation portée contre la SELO était particulièrement grave, c’était celle d’un trafic dfe tête de loups ; l’enquête a conclu qu’il n’y avait pas de trafic. Le procureur de la République a relevé des dysfonctionnement au parc à loups à la suite d’une enquête diligentée par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Je voudrais dire que les deux choses ne sont pas liées et je suis choqué par l’amalgame que tentent de faire certains médias à ce sujet, c’est intellectuellement malhonnête"

Que va faire la SELO ?
"Bien sûr, la SELO se mettra en conformité avec la réglementation administrative. J’avais même devancé ce constat ; dès l’été dernier, j’ai identifier les lacunes du parc au niveau de la gestion administrative en ce qui concernait le suivi des animaux. Des décisions de réorganisation ont été prises dans ce sens. Depuis l’été dernier, nous travaillons au marquage des loups, cela correspond à une exigence légale. Cette opération est techniquement difficile à mettre en œuvre, même avec les conseils de l’Office national de la chasse et le concours précieux du Dr Nassogne et de notre personnel. Le fait d’identifier les loups avec des puces électroniques nécessite une anesthésie préalable des animaux ; les loups, en voyant des fusils hypodermiques s’enfuitent. Nous recherchons avec l’ensemble des spécialistes des solutions efficaces afin de pouvoir marquer les loups sans danger pour les animaux."

Comment aviez-vous eu connaissance de la rumeur concernant le parc à loups ?
"Le jour de l’inauguration du viaduc de Millau, j’ai appris par des élus départementaux qu’une rumeur était colportée à propos du parc à loup du Gévaudan. J’ai été extrêmement surpris et choqué de l’apprendre ainsi. Il était de mon devoir de procéder à une enquête interne approfondie, ; c’est ce que j’ai fait après avoir informé le Conseil d’Administration de la SELO. Après avoir entendu les principales personnes du parc s’occupant des loups, j’ai acquis la conviction qu’il n’y avait pas de trafic de tête de loups et que les accusations portées contre la SELO et le personnel du parc étaient infondées. Je me suis volontairement abstenu de toute déclaration dans l’attente des résultats de l’enquête préliminaire"

Quel a été, selon vous, l’impact de cette rumeur ?
"Le parc du Gévaudan ouvert depuis une vingtaine d’années constitue en quelque sorte une vitrine départementale pour la Lozère. A la suite de la propagation de cette rumeur par certains médias, l’image de la Lozère a pu être atteinte ; c’est grave de s’en prendre à un outil de développement économique et touristique créateur d’emplois".

Comment est née cette rumeur ?
"Ayant été victime d’accusation infondées, je me garderai bien, à mon tour de porter des accusations. Je souhaite que l’on détermine l’origine de cette rumeur ; on ne peut pas exclure une manipulation."

Quelles réflexions tout cela vous inspire-t-il ?
"Le fait de propager des rumeurs sans procéder au préalable à des vérification, peut porter atteinte à autrui d’une manière grave et irréversible. Je souhaite que ceux qui seraient tentés de propager des fausses informations réfléchissent aux conséquences de leurs actes.
Aujourd’hui, la communication est très importante dans notre société ; en l’espace de quelques jours, j’ai été interroger par des quotidiens nationaux. A partir d’une rumeur infondées, j’ai constaté que ça pouvait prendre de grande proportions. Tout cela appelle à la réflexion et à la fermeté. Je dis clairement que la SELO ne se laissera pas faire ; elle a le devoir de protéger son activité, son personnel et ses missions départementales qui sont importantes pour l’économie lozérienne. La SELO a été attaquée, il est de son devoir de se défendre et elle le fera".

Quelle décision avez-vous prise ?
"En tant que directeur de la SELO, j’ai déposé une plainte avec constitution de partie civile pour dénonciation calomnieuse, propagation de fausse informations et diffamation. J’ai effectué cette démarche pour répondre à l’émotion du personnel du parc injustement accusé et rendre au parc du Gévaudan l’image positive qui doit être la sienne".

P.-S.

Personnellement, je n’ai pas à intervenir, mais je pense que cette rumeur qui s’est colportée est un règlement de compte, et que c’est bas, préjudiciable à l’image du parc et donc aux loups. Je présente mes excuses aux gens qui ont pu souffrir de la reprise de l’information sur loup.org, en particulier à l’équipe du parc, ainsi qu’au journal "la Lozère Nouvelle" dont je tire cet extrait sans avoir préalablement sollicité leur accord.

Notes

[1Propos recueillis par Jean-Marc Gilly

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