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"Survivre avec les loups" : Une escroquerie !!!

Les archives sont souveraines, elles ne relaient pas mon opinion personnelle.

vendredi 8 février 2008, par Serge Aroles

Après bien des critiques sur l’article L’énigme des enfants-Loups, mettant en cause la véracité des propos de Misha Defonseca dans son livre.

LES ARCHIVES DE BELGIQUE CONFIRMENT QUE "SURVIVRE AVEC LES LOUPS" EST UNE ESCROQUERIE !

Lorsque mes recherches sur les enfants-loups, et notamment celles relatives à l’unique cas d’enfant sauvage qui eût survécu dix années en forêt (Marie-Angélique, 1721 - 1731), m’avaient autrefois conduit dans les archives et les bibliothèques de Belgique, j’avais procédé à d’élémentaires vérifications à propos du livre "Survivre avec les loups" (1997). Les voici, augmentées des éléments, dont j’ai eu l’absolue confirmation récemment.

  • Il n’y eut aucune déportation depuis la Belgique au printemps 1941, celle-ci ayant débuté bien plus tard, très exactement le 4 août 1942.
  • Aucun des 25 000 déportés juifs de Belgique recensés n’offre une compatibilité avec les éléments offerts par l’auteur de "Survivre avec les loups" : à savoir, l’existence d’un couple juif d’origine germano-russe dont les prénoms étaient Gerusha et Reuven, fût-ce même en oubliant ces prénoms, en élargissant les âges, les lieux d’habitation en Belgique, etc. Aucun.
  • J’avais très vite découvert que la famille belge qui provoque toute l’histoire (la fuite de Misha à travers l’Europe), cette tyrannique famille belge qui héberge la petite fille juive pour de l’argent et qui a pour projet de la livrer aux Allemands, n’avait jamais existé, fût-ce sous un autre nom (car il m’avait été aisé de positionner sa fausse maison dans l’authentique aire centrée sur Anderlecht).
  • Personnage central du livre, le "grand-père" qui enseigne la géographie et offre une boussole à la petite fille (lui permettant ainsi de faire un surréaliste tour complet de l’Europe), ce grand-père est membre de la famille citée ci-dessus (l’oncle du dentiste) : il est donc membre d’une famille qui... n’a pas existé. Lors, ne soyons pas surpris que nul n’ait jamais retrouvé de traces au sol de sa grande ferme, située près d’Anderlecht.
  • Une autre donnée majeure du livre (donnée centrale car elle conditionne la réussite de l’évasion de Misha) est imaginaire, et ne relève pas du tout de l’imperfection de mémoire d’une enfant de 8 ans : " le bombardement sur un dépôt de pétrole de la ville. Il a détruit un pont voisin de la maison sur le canal. Léopold est allé voir ensuite, et a rapporté l’information " (année 1941). Alors que aucun pont de cette région (le canal Bruxelles-Charleroi près d’Anderlecht)ne fut bombardé en 1941 (pas plus qu’en 1942 ou 1943), absolument aucun pont, Misha :
  • décrit sa vision des " ruines noires du dépôt de pétrole, des cuves déchiquetées " ;
  • puis elle raconte longuement comment ce pont détruit a d’abord stoppé sa fuite hors de l’agglomération de Bruxelles (tout près de la maison de l’imaginaire famille du dentiste) ;
  • avant qu’elle ne réalise une héroïque traversée sur " les ferrailles du pont déchiqueté" "centimètre par centimètre " de ce " grand trou béant au-dessus de l’eau noire ".

Nombre de commentateurs du livre ont écrit qu’il s’agissait là d’un grand acte d’héroïsme... alors que nul pont n’était ainsi détruit. Tout juste y eut-il en cette région un pont que les Britanniques avaient saboté lors de leur retraite, en 1940, pont qui avait vite été transformé en passerelle pour piétons, parfaitement pratiquable par ceux-ci en 1941.

  • L’auteur de "Survivre avec les loups" ignore que la particularité de la Belgique fut d’avoir été placée sous administration directe de l’Allemagne nazie (ce qui ne fut pas le cas en France) : lors, ni en 1941 ni plus tard, les services de l’état civil de la maison communale d’Anderlecht ne lui ont délivré une fausse carte d’identité, comme elle le prétend.

Lors, devant de telles évidences, je n’avais plus porté intérêt à cette fable démesurée, en laquelle une fillette, adoptée par un couple de loups puis par une meute de dix loups, se fait réprimander par la louve dominante lorsqu’elle fait pipi en levant la patte, celle-ci lui intimant " l’ordre de continuer à s’accroupir comme les autres femelles "(page 162, ed. 1997).

J’ignorais alors que cette affabulation serait traduite en 18 langues, vendue à des millions d’exemplaires, serait le sujet d’un film dont tous les grands médias nous certifieraient l’authenticité, et que l’on m’accuserait de nier la souffrance du peuple juif. Je ne pouvais tout de même pas valider une telle fable, alors que j’avais détruit toutes celles analogues sur les enfants-loups, et ce, sur plusieurs siècles et plusieurs continents.

Depuis le jugement prononcé à l’encontre de l’éditeur américain, condamné à payer plus de 20 millions de dollars à Mme Defonseca, nous savons que "Survivre avec les loups" fut coécrit avec une Américaine, amie et voisine de l’éditrice, qui s’était laissée persuader par celle-ci qu’un tel thème " serait un best seller "...
Les deux auteurs ne savaient pas même que les plus hautes montagnes d’Europe séparent l’Italie de la France : ayant accosté en bateau en Italie, dans un lieu inconnu, la petite fille, aidée de sa boussole, marche, marche... jusqu’à ce que, très soudainement : " je me retrouve en France, sans l’avoir réalisé avant d’entendre parler français ". Elle a franchi la plus haute chaîne d’Europe, sans qu’elle n’eût vu de montagne.

Je vous laisse libre de toute analogie sur le trio " USA - argent - enfants-loups ", mais sachez qu’à propos des deux plus célèbres enfants-loups (les fillettes Amala et Kamala ; Inde, 1920), j’ai retrouvé à Washington une lettre de l’universitaire américain qui avait universalisé cette ignoble escroquerie (Kamala était une fillette déficiente mentale battue par un Indien, créateur de ce mensonge) car elle lui semblait financièrement prometteuse : par une lettre du 20 mai 1940, il se réjouissait d’un premier chèque, qui arrivait à point pour ses affaires en Bourse, et il proposait à un auteur à succès d’exploiter avec lui ce filon, « en faisant 50-50 » sur les bénéfices...

Reprise, applaudie et certifiée authentique en 18 langues, cette histoire de fillette adoptée par une meute de dix loups (6 adultes et 4 louveteaux) restera l’un des monuments de la crédulité universelle de ces dernières décennies.
Oui, des hommes ont exterminé des fillettes juives ; non, des meutes de loups n’ont pas porté secours à celles-ci...

P.-S.

D’éminents historiens juifs ont été choqués des affabulations de Mme Defonseca. La principale revue de la communauté de Belgique publiera dans sa revue de mars une sévère mise au point, reproduisant mon verdict à côté de celui de l’éminent historien belge de l’Holocauste, M. Steinberg, qui a fait un immense travail de mémoire sur les victimes juives de Belgique.

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