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Rumeur

Sur la piste d’un trafic de têtes de loup en Lozère

jeudi 23 décembre 2004

On sait aujourd’hui qu’il ne s’agit que d’une rumeur infondée...

Article à l’origine de la rumeur :


En Lozère, la justice s’intéresse à un trafic présumé de têtes de loup. De leurs côtés, les responsables du parc Sainte-Lucie, où ces animaux sont présentés au public en semi-liberté, ont diligenté une enquête interne, il y a une semaine.

C’est que le commerce des loups, même morts, est interdit par la loi.

Pourtant un passionné a reçu son trophée, une tête de loup empaillée, venu du parc de Sainte-Lucie, près de Marvejols. «  J’ai déboursé 4 500 € pour assouvir mon fantasme », explique-t-il sous couvert de l’anonymat.

En fait, tout a commencé il y a quelques mois, lorsque des témoins originaires du Tarn et Garonne, attirés par une mauvaise odeur, affirment avoir reconnu un loup sous un tas de branches. Un loup sans tête.

Un taxidermiste peu regardant de la région Rhône-Alpes confie, lui aussi en restant anonyme, avoir déjà travaillé sur des loups lozériens à des fins d’empaillage. « Et ça ne date pas d’hier ! » C’est même sans scrupule qu’il accepte sa tâche. « Le loup est protégé, oui et alors ? Certains passionnés sont prêts à dépenser des sommes conséquentes. Tant que l’on ne me prouve pas qu’on les tue exprès pour les empailler, rien ne me gêne. De plus, certains clients nous apportent des papiers officiels pour que nous puissions travailler tranquillement en cas de contrôle. »

Pierre Spirito, le directeur de la Selo, Société d’économie mixte de la Lozère, allant dans le même sens que Fabrice Tareau, le directeur du parc, confie : « Nous avions eu vent de rumeurs, il y a quelques années, et nous avions, à l’époque, été très clairs avec nos employés. »

Le directeur de la Selo fait référence à l’audit écrit en 1998 par Lionel Carambot, un technicien animalier à la fondation Brigitte Bardot qui signalait de nombreux dysfonctionnements.

« Je suis intervenu à l’époque parce que l’on m’avait signalé des faits troublants. On avait découvert des têtes de loup dans le frigo du parc, confirme Lionel Carambot. Le personnel employé aux tâches subalternes ne me paraissait pas non plus qualifié. » Et il raconte l’histoire de deux louveteaux qui ont été soignés avec succès par l’ancienne directrice du parc, Anne Ménatory, et tenus à l’écart de la meute pour qu’ils ne soient pas dévorés. « Les vétérinaires locaux refusaient de monter au parc pour ne pas être montrés du doigt par la population. J’ai aussi proposé de nombreuses restructurations, mais en vain. »

Il meurt une quinzaine de loups par an à Sainte-Lucie. « Les animaux morts ne sont accompagnés d’un certificat de décès que depuis deux mois », affirme Fabrice Tareau. Auparavant, ils étaient stockés avec les déchets, dans une simple chambre froide à la portée de tous ou bien chez un vétérinaire de Marvejols.

Chez les Ménatory, dont le père, Gérard, fut le fondateur de cette réserve, on s’insurge. « Tout ceci ne m’étonne qu’à moitié. Si de tels agissements devaient être confirmés, ce serait l’€uvre de voyous qui réduiraient à néant le travail de notre père. Nous sommes face à une histoire lamentable et nous nous porterons partie civile s’il le faut. Le nom Ménatory ne doit pas être associé à cela. »

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