Le nouveau protocole de tir (voir le texte ici), publié ce jour au Journal officiel et applicable dès cet été, ouvre clairement la voie à une régulation du loup en ne discriminant pas les tirs autorisés sur les troupeaux utilisant la prévention de ceux qui ne sont pas protégés et en abaissant le seuil de déclenchement des tirs à deux attaques avec une seule brebis tuée.
Au lieu de privilégier une logique de coexistence entre le prédateur et les activités humaines (c’est-à-dire protéger les troupeaux partout et tirer ponctuellement quand il n’est pas possible de faire autrement), pourtant seule voie d’avenir, le gouvernement s’engage dans une logique de régulation de l’espèce.
France Nature Environnement constate en outre que la latitude accordée aux préfets aboutira inévitablement à de très fortes pressions locales pour des tirs dans des conditions inacceptables.
Ce positionnement gouvernemental ne permettra pas d’entraîner l’ensemble de la profession agricole dans la nécessaire utilisation des moyens de prévention. Pourtant, le bon sens et le courage politique auraient voulu, qu’enfin, les indemnisations - et, à plus forte raison, les tirs - soient conditionnés à la mise en place de la protection des troupeaux. Cela aurait évité que des sommes très importantes soient versées à fonds perdus, depuis plusieurs années, à quelques éleveurs qui ignorent ce que prévention veut dire (par exemple, plusieurs dizaines de milliers d’euros versés en 2005 à un seul éleveur du Mercantour) et ce au détriment des éleveurs qui mettent en oeuvre des mesures de protection.
Dès lors, nous sommes fort éloignés de ce que prévoient nos obligations internationales, à savoir que les tirs de loups ne soient possibles qu’à condition qu’il n’existe pas d’autres solutions satisfaisantes et que les dommages aux troupeaux soient importants. Ce protocole n’exprime pas une volonté claire en matière de gestion de la présence du loup et de la facilitation de la coexistence entre le prédateur et les activités humaines ; non seulement, il n’incite pas à s’engager sur la voie à suivre pour parvenir à cette co-existence mais il encourage même la catégorie d’éleveurs qui, réclamant sans trêve l’éradication du loup, refuse la mise en place de moyens de protection.
C’est pourquoi, en l’état de ce protocole, FNE ne peut qu’exprimer un désaccord de fond, envisager un recours devant le Conseil d’Etat et demander que l’Etat s’engage dans une voie plus courageuse, et plus réaliste : en accroissant les moyens dévolus aux mesures de protection, et en adoptant l’attitude adéquate pour que les éleveurs s’engagent résolument dans cette voie.


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