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Ouverture le 11 juin du parc Alpha

jeudi 9 juin 2005, par Hervé Boyac

J’ai eu le privilège de pouvoir visiter ce parc avant son ouverture au public annoncée pour le 11 juin. La réalisation est bien au dessus de ce que l’on pouvait imaginer, et ce parc devrait rapidement connaître un franc succès.

Pour entrer, après avoir acheté ses billets au chalet d’accueil, (9 € adulte et 7 € enfant), et une marche de 500 mètres, on accède via une passerelle en bois de 25 mètres de long sur le vallon du Boréon, puis un sas, en bois lui aussi.

L’arrivée dans une clairière nous dévoile deux grands corps de bâtiment totalement rénovés, qui sont les anciennes vacheries de Cerise. Ces derniers comprennent outre un point chaud pour se restaurer, les animations visuelles relatives au retour du loup, appelées scénographies.

Les scènes sont techniquement parfaites dans leur esprit, émouvantes par leurs acteurs ; on ne peut qu’adhérer aux messages passés sans leur trouver de défaut.
Dans l’ordre préférable de visite, on découvre :

  • 1° le berger, hostile au loup, qui à 75 ans va cesser ses activités ;
  • 2° la mythologie, contée par un lieutenant de louveterie, qui doute du bien fondé de son titre et de ses missions, bref de son utilité ;
  • 3° le scientifique, fils du berger, parti travailler sur le loup justement, mais en Italie.

Et puis il y a Marie !...Mais, vous devez avoir la surprise !

Ensuite les loups en chair et en os ceux-là !
Douze loups européens au total, dont 8 proviennent d’un zoo de Pragues et 4 d’un zoo de Copenhague se partagent les 3 enclos de 3 ha chacun environ, eux-mêmes compris dans un parc totalisant 10 ha situé en totalité dans la zone centrale du Parc National du Mercantour. Deux louves italiennes rejoindront le parc en mai.
Prouesse technique malgré le relief, les clôtures sont peu visibles.
La forte densité d’arbres assure une bonne protection aux loups contre les intempéries marquées de cette région : froid et neige. En revanche, malgré les affûts, elle rend aléatoire l’observation des animaux, sauf lors des nourrissages, qui ont lieu tous les 2 jours.

Les aspect « positifs »

  • Le site du Boréon, très prisé par les populations littorales, est un véritable havre de nature. Il est situé dans une zone très forestière à sapins et épicéas, avec en toile de fond les sommets enneigés ; ce site est aussi très connu dans toute la région.
  • Ce parc est situé sur la commune où les loups ont été vu la première fois ; ils s’y sont installé, et sont toujours là, c’est un atout majeur. On peut entendre les loups sauvages répondre aux loups captifs.
  • Ce parc devrait contribuer à redorer l’image du loup, non seulement auprès des visiteurs, mais aussi, à terme, aux yeux des professionnels de l’élevage qui sont, et seront, largement associés à ce projet.

Les aspects « négatifs »

  • La vision peut-être un peu trop mercantile, qui semblait dominer lors des présentations, devra être revue, car les visiteurs ne seront pas tous des fortunés, il y aura aussi des familles.
  • L’aménagement des sentiers devra être repensé pour prévenir les risques d’érosions, mais aussi le cheminement des enfants ou des personnes handicapées ou peu valides.
  • Un problème qui paraît insuffisamment appréhendé, la présence d’arbres immenses à proximité des clôtures, dans une région où il peut tomber plusieurs mètres de neige, provoquant à chaque fois de nombreux chablis, (bris d’arbres ou déracinement de ceux-ci).
  • L’accès au site par les autocars n’est pas très aisé en raison des épingles à cheveu de la route.

Mais globalement, moyennant quelques petites améliorations, ce parc pourrait devenir presque parfait.

P.-S.

Alpha, Le Temps du Loup

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