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Le loup et les activités d’élevage : comparaison européenne dans le cadre du plan national d’actions 2018/2023.

Rapport CGEDD n° 012414-01, CGAAER n° 18097

mercredi 5 août 2020, par Thierry

Le présent rapport, réalisé à la demande des ministres en charge de l’agriculture et de l’environnement, s’est intéressé au suivi biologique du loup et aux stratégies de prévention des attaques pratiqués dans quelques pays européens, afin d’en tirer des enseignements susceptibles d’améliorer la coexistence de l’espèce et de l’élevage en
France.

Cette coexistence est complexe dans tous les pays visités (Suisse, Italie, Espagne, Allemagne et Pologne), à l’exception notable de la Pologne qui compte peu d’élevage ovin. Les populations de loups se développent, parfois très fortement, ces dernières années, de même que les attaques sur les troupeaux. Celles-ci ne se limitent plus aux ovins, mais concernent aussi les bovins, de façon significative et croissante en Espagne, de façon plus sporadique mais inquiétante en Italie et en Allemagne.

Face à cette évolution, les tensions se font de plus en plus vives, non seulement dans les zones où le loup a fait récemment son retour, mais aussi là où il est présent de plus longue date. Dès lors, les demandes d’une évolution de son statut de protection (au titre de la directive Habitats faune flore et de la convention de Berne) se multiplient.

Les pays visités ont mis en place des systèmes d’aide à la protection des troupeaux dont les modalités financières, le conseil associé et les techniques préconisées, varient largement d’un pays à l’autre, mais aussi au sein même des pays organisés sur un mode largement décentralisé (quatre sur cinq).

Ainsi, loin d’un modèle uniforme ou d’une solution technique « miracle », les pays ou régions modulent très différemment chacune des composantes du triptyque bergers/chiens/clôtures dans des approches qui peuvent apparaître parfois contradictoires d’un endroit à l’autre. L’adaptation au contexte local (celui de
l’exploitation, de la zone de pâturage, de l’estive) est en tout état de cause prépondérant. Est également essentiel l’engagement de l’éleveur, avec l’appui de structures de conseil, indispensable pour trouver les solutions durablement efficaces.

Deux caractéristiques se dégagent en revanche partout : le berger fait indissociablement partie de l’activité d’élevage, ce qui exclut l’octroi d’aides, liées à la présence du loup, pour son financement ; un troupeau doit être limité en taille pour pouvoir être bien suivi et protégé de façon efficace, la limite maximale ne dépassant
pas les 800 à 1 000 têtes, et la moyenne étant beaucoup plus faible dans tous les pays visités (300 à 600 têtes).

La question de la qualité des chiens de protection, donc l’organisation de leur filière de production, y compris sa traçabilité, est un des points clef, même si on ne compte pas sur eux de la même façon dans tous les pays. C’est une condition et un des gages d’efficacité majeurs des mesures de protection.

Il est clair pour tous les interlocuteurs rencontrés qu’aucun système de protection n’est infaillible, tant le loup est capable de s’y adapter ou de le contourner. Il faut donc avoir conscience que des dégâts subsisteront, même si les pays visités montrent que leur limitation est tout à fait possible.

Le loup et les activités d’élevage : comparaison européenne
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