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Ethologie

La meute

Une structure sociale bien définie

dimanche 26 janvier 2003


Dominance et soumission


Dans la meute, il y a une manière spéciale d’empêcher les membres d’une famille de loups de se battre entre eux. C’est ce qu’on appelle l’ordre de dominance. Chaque membre de la meute a une place, ou rang au sein de cet ordre. Lorsqu’un loup de rang supérieur a un désaccord avec un loup de rang inférieur, généralement le loup de rang inférieur cède sans se battre. C’est très important car les loups sont des animaux puissants dotés de dents pointues. S’ils ne savaient pas comment empêcher les combats, ils se blesseraient sérieusement les uns les autres.

Dès leur plus jeune âge, les jeunes loups commencent à établir un rapport de dominance entre eux. âgés d’à peine 1 mois, les louveteaux d’une portée peuvent commencer à se battre entre eux. Ils peuvent se battre quotidiennement pendant plusieurs jours. Ä la fin, un des louveteaux se roulera sur le dos pour montrer qu’il abandonne, tandis que l’autre lèvera la queue en signe de dominance.

Statuts et rôles au sein de la meute


Alpha - Les meneurs d’une meute de loups sont le mâle et la femelle Alpha, qu’on peut reconnaître grâce à leur queue levée. Comme ils sont les parents de presque tous les membres de la meute, le couple Alpha est respecté par tout le reste de la bande. Ils maintiennent cet esprit de domination en affirmant constamment leur autorité sur leur progéniture, de la naissance à l’âge adulte. Pour les petites proies par exemple, les jeunes louveteaux et les autres membres subalternes de la meute ne peuvent se nourrir qu’après le couple Alpha, et ils sont souvent obligés de quémander. Les loups Alpha ont généralement atteint l’âge adulte, et ils peuvent assumer ce rang pendant 8 ans. Quand ils se déplacent, le mâle Alpha mène généralement la meute et choisit la route, mais la femelle Alpha reste à ses côtés.

Bêta - Le mâle Bêta baisse la tête et la queue lorsqu’il se trouve à proximité du couple Alpha pour leur montrer qu’il leur obéira.

Subalterne - Ce sont en général de jeunes animaux, mais quelquefois on trouve d’anciens loups Alpha qui ont perdu leur statut. S’ils restent avec la meute, les subalternes jouent un rôle très important en aidant à s’occuper des louveteaux et à les nourrir. Un observateur peu au fait serait incapable de distinguer le comportement des subalternes de celui des vrais parents s’il les observait près du repaire. Ä certaines périodes, l’aide qu’apportent les subalternes pour l’alimentation permet à un plus grand nombre de louveteaux de survivre.

Oméga ou bouc émissaire - Dans les grandes meutes de loups, il y a souvent un membre au statut inférieur sur lequel converge toute l’agressivité sociale du reste de la meute. Les spécialistes du comportement le nomment le loup oméga. Il semble être le bouc émissaire, et il arrive même qu’il soit complètement banni. C’est sans doute une des raisons qui poussent certains membres de la meute à se disperser et devenir indépendants, plutôt que de rester au bas de la hiérarchie ou en retrait de la meute. Un bouc émissaire a toujours la fourrure aplatie et les oreilles baissées, il rase pratiquement le sol, et a souvent la queue repliée entre les jambes.

Loup solitaire - C’est un jeune adulte qui a quitté la meute. Il doit trouver un nouvel endroit pour vivre et s’accoupler.

Le langage corporel


Les signaux visuels du loup sont en grande partie basés sur le langage corporel. Tout comme les hommes et les chiens témoignent de leurs émotions par les expressions de leur visage, les loups ont leur propre langage. C’est la raison pour laquelle les faciès de loups mettent si bien en valeur les expressions de visage.

Les hommes sourient lorsqu’ils sont heureux, et nos chiens ont parfois une "expression heureuse". Parmi les expressions heureuses du loup et du chien, on compte la bouche ouverte, la langue qui pend et les oreilles qui pointent.

Les émotions qu’un loup exprime par le langage corporel sont la suspicion, la menace, l’anxiété et la soumission. Une attitude menaçante est assez différente. Un animal menaçant - chien ou loup - fronce le nez, ouvre la gueule, montre les dents, sort les babines, et dresse les oreilles. Cette expression est généralement accompagnée par un grondement ou un féroce grognement. Le chien ou le loup inquiet face à la menace a une toute autre expression. Il garde la gueule fermée et les babines en retrait, a les oreilles baissées et gémit.

Une des expressions les plus utiles d’un loup Alpha est le "regard fixe", ou le regard furieux. Souvent, il suffit à un loup Alpha de fixer un loup subalterne pour que l’animal immédiatement recule, se retourne et disparaisse. Le loup Alpha utilise ce moyen pour contrôler les membres subalternes de la meute.

Le loup ou le chien utilise également certaines positions corporelles et bouge la queue d’une certaine manière pour communiquer. Ainsi, un loup menaçant non seulement grogne et montre les dents, mais il se hérisse aussi, du cou à la queue et augmente de volume. Ä l’inverse, le loup menacé rentre les babines dans une sorte de "grimace" défensive, se replie sur lui-même, a la queue entre les jambes et peut même se laisser rouler sur le côté ou sur le dos, pour paraître plus petit.

Communiquer


Les loups émettent quatre types de bruits distincts : ils hurlent, aboient, gémissent, et grognent.

Tout le monde connaît le hurlement du loup. Lorsque les loups hurlent à l’unisson, ils ne hurlent pas sur la même note, mais plutôt en harmonie, ce qui donne l’impression qu’ils sont beaucoup plus nombreux. Les loups n’ont pas besoin d’être debout pour hurler, ils peuvent aussi bien être assis ou couchés. Apparemment, ils hurlent pour rassembler la meute (particulièrement avant et après la chasse), pour donner l’alarme (surtout sur le lieu de leur repaire), pour se repérer les uns les autres pendant une tempête ou lorsqu’ils sont sur un territoire inconnu, et pour communiquer à distance. Rien ne prouve que les loups hurlent à la lune, ou que leurs hurlements sont plus fréquents durant la pleine lune.

Les loups n’aboient que rarement, et leurs aboiements ressemblent alors plus à un "ouaf" tranquille qu’à un aboiement de chien. Ils n’aboient pas d’une manière continue comme les chiens, mais laissent échapper quelques aboiements discontinus et se retirent, quand un étranger s’approche de leur tanière par exemple. On a observé que lorsque la meute est surprise dans son repaire, un des loups, en général une femelle, se dresse et lance un aboiement pour avertir le reste de la bande.

Les loups grognent lorsqu’ils se battent pour le partage de la nourriture. Tout comme l’aboiement, le grondement est la manifestation d’un comportement menaçant ou bien d’une revendication de droits dans un contexte social. On le rencontre plus fréquemment chez les louveteaux quand ils jouent, et quand ils mordillent le cou des adultes qui sont allongés. Ils grondent de la même façon, et d’une manière assez comique, lorsqu’ils essaient de voler des morceaux de viande aux adultes. Il existe un autre type de grognement, un son aigu qui commence comme un gémissement et précède souvent une brusque attaque envers un autre loup.

Les sons les plus intéressants sont sans doute les gémissements et les glapissements aigus qui relèvent d’un contexte social : manifestations d’accueil, alimentation des louveteaux, parades amoureuses, et manifestations de peur, de curiosité, et d’interrogation. Ces sons expriment l’intimité du loup.

Marquer le territoire


Chaque meute familiale a son propre territoire de chasse, qu’elle parcourt à la recherche de proies. Les loups peuvent parfois faire 65 à 95 km dans la journée pour chercher leur nourriture. Cependant, la plupart du temps, ils n’ont pas besoin de couvrir une telle distance pour trouver quelque chose à manger. Lorsqu’ils ont un territoire, les loups passent moins de temps à se battre contre les autres meutes, et ils ont donc plus de temps pour élever leurs petits et chasser. Les territoires peuvent s’étendre de 80 à 240 km carrés, et parfois plus. Les loups balisent leur piste en urinant pour en marquer les limites.

L’accouplement


Ä l’approche de la saison des accouplements, le mâle et la femelle Alpha se montrent de plus en plus tendres l’un envers l’autre. Ils dorment de plus en plus près l’un de l’autre, et le mâle tend à se rapprocher de la femelle lorsqu’ils voyagent. Le couple Alpha adopte un comportement agressif envers les challengers, en les menaçant d’un regard, une grimace ou un grognement. Pendant ce temps, le mâle et la femelle se nettoient mutuellement, placent leurs pattes avant sur les épaules de l’autre et se touchent l’un l’autre de plus en plus fréquemment.

Souvent, quand ils sont sur le point de copuler, les couples qui se sont formés s’éloignent de la meute pendant quelques jours, sans doute pour éviter que les autres membres de la meute ne s’immiscent dans leur intimité. Quelquefois, les membres de la meute tentent de s’interférer, ou bien ils harcèlent le couple pendant l’accouplement.

Les loups copulent de la même manière que les chiens, le mâle montant sur la femelle par derrière.

Quand la période des accouplements est terminée, les loups de la meute reprennent une attitude amicale les uns envers les autres. Ils sont maintenant occupés à choisir et à aménager une tanière pour la femelle Alpha qui attend ses petits.

Les louves ont une parade nuptiale, une union monogame, un comportement de reproduction et des caractéristiques hormonales complexes. Elles peuvent se trouver dans un état de reproduction appelé "pseudo-gestation". Apparemment, une fois que la femelle est en âge de concevoir, chaque année elle est en gestation ou pseudo-gestation. Pendant la pseudo-gestation, les hormones réagissent de la même façon que si l’animal était réellement en gestation, bien qu’il ne le soit pas. La louve peut donc avoir du lait et s’occuper de la progéniture d’une autre femelle. C’est aussi le cas des chiennes, qui peuvent se trouver en état de pseudo-gestation.

La gestation dure environ soixante-trois jours de la conception à la naissance. Pendant tout ce temps, la meute va nettoyer un ancien repaire, ou elle va trouver un nouvel endroit et aider la femelle Alpha à creuser une nouvelle tanière. En général, cet endroit domine les alentours, de façon à ce que la meute puisse surveiller une large étendue de territoire. Il doit également se trouver à proximité d’une source d’eau, car la louve se déplace rarement loin du repaire une fois que ses petits sont nés, du moins pas avant qu’ils soient âgés de quelques mois.

L’entrée de la tanière est en général assez étroite, permettant l’accès uniquement à la femelle en gestation. Le tunnel peut s’étendre de quelques centimètres à six mètres et se termine par un espace à peine plus large, dans lequel la louve en gestation mettra bas.

Les louveteaux


On appelle portée un groupe de louveteaux nés au même moment. Chaque portée compte entre cinq et quatorze louveteaux, mais la moyenne est six. Les louveteaux sont aveugles et sourds à la naissance, avec un duvet fin et laineux et des oreilles tombantes. Ils pèsent environ 500 grammes. Les bébés ouvrent les yeux environ deux semaines après leur naissance et commencent à entendre après environ trois semaines. Au départ, leurs yeux sont bleus puis ils deviennent jaunes. Dès deux semaines, les louveteaux savent marcher. Une semaine plus tard, ils quittent le repaire pour la première fois et jouent devant l’entrée de leur habitat. De tous les animaux, les loups sont parmi les meilleurs parents au monde, et les louveteaux reçoivent beaucoup d’amour et d’attention de la part de leurs parents, qui les nourrissent, les lavent et les protègent. La louve reste près de ses petits. Généralement, elle n’a pas à s’absenter pour aller chercher à manger. C’est le père et les autres membres de la famille qui s’en chargent. En fait, il arrive parfois que les loups parcourent plus de 30 kilomètres pour ramener de la nourriture à leur progéniture.

Chasser


Lorsqu’une meute de loups chasse, tous les membres de la meute travaillent ensemble. Combinant la force de plusieurs loups, la meute peut chasser de très grands animaux. En fait, il semble que les meutes préfèrent s’attaquer à de grands animaux.

Afin de capturer leurs proies, les loups encerclent souvent leurs victimes, se cachant derrière les buissons puis les attaquant pour les tuer. Une autre technique de chasse assez courante consiste à chasser les proies en se déplaçant en file indienne, le premier loup se plaçant parfois à l’arrière de la file, afin de laisser le loup "suivant" mener le cortège. La technique de la file indienne est particulièrement utile dans la neige, le premier loup servant en quelque sorte de "chasse-neige", laissant des empreintes que chaque loup peut suivre.

Les loups ne réussissent pas toujours à attraper les proies qu’ils poursuivent. En fait, ils laissent s’échapper plus d’animaux qu’ils n’en attrapent. Si la proie est capable de résister, les loups la laisseront souvent partir. Une fois la proie tuée, les loups mangent de grandes quantités de viande : ils en mangent jusqu’à 10 kilos. S’il reste de la viande, les loups peuvent revenir plus tard pour la terminer.

Les proies


Les loups chassent toutes sortes d’animaux, y compris les proies les plus petites. Quand ils ne peuvent trouver de plus gros gibier, ils consomment une quantité importante de rongeurs. Certains loups chassent des lapins et des écureuils, d’autres des canards, des oies et autres volatiles. Quand ils ont vraiment du mal à trouver leur nourriture, il arrive qu’ils mangent des souris voire de gros insectes. Les petites proies sont utiles pour nourrir les louveteaux : les jeunes loups moins expérimentés de la meute peuvent chasser le petit gibier pour se nourrir et nourrir les louveteaux lorsque la demande en nourriture est particulièrement importante. Quand cela est possible, les loups préfèrent les proies plus importantes, et ils chassent alors des cerfs, des élans ou des chamois. La plupart de ces animaux sont bien plus gros que le loup, et ils sont parfois difficiles à attraper : souvent ils courent très vite, et certains se sentent parfaitement à l’aise sur les terrains montagneux. De plus, certains animaux ont des moyens efficaces pour se défendre contre les loups : le cerf et l’élan ont des sabots solides qui peuvent fêler les os des loups, le chamois et le bœuf musqué sont aussi forts qu’agressifs.

Au Canada, la proie préférée du loup est sans doute l’orignal, qui peut être très gros : le poids moyen d’un orignal mâle est d’environ 453 kg, et il atteint parfois presque 2 m à l’encolure. Il peut tuer un loup d’un coup de sabot. Les loups essayent donc de repérer un orignal que la maladie a affaibli, ou d’en trouver un qui soit profondément enlisé dans la neige. Les loups ne réussissent pas toujours à attraper la proie qu’ils coursent. En fait, ils laissent s’échapper plus d’animaux qu’ils n’en attrapent. Les loups peuvent atteindre une vitesse de 50 km/h, mais s’ils n’ont pas réussi à attraper leur proie au bout de 9 km, ils abandonnent généralement la poursuite.

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