Les résultats montrent un faible taux de prédation par les chiens dans cette région où le cheptel ovin est important. L’essentiel des problèmes est dû à la divagation de chiens du voisinage, très rarement à des chiens réellement « errants ». Les résultats ont été comparés à d’autres études menées dans d’autres régions. La prédation due aux chiens est faible dans un autre massif des Alpes du Sud, mais plus forte dans les régions où l’élevage ovin est résiduel. Les résultats obtenus ont également été comparés à la prédation dans deux massifs où les loups sont installés dans les Alpes-de-Haute-Provence. Deux indicateurs fortement discriminants ont pu être mis en évidence : dans les territoires à loups, la fréquence d’attaques est très supérieure avec un nombre de victimes par attaque en moyenne plus bas, et l’identification visuelle du prédateur à l’attaque est beaucoup plus rare.
Ces résultats visent à fournir aux gestionnaires un outil de « mise en alerte » sur l’arrivée de loups dans une nouvelle zone avant d’en obtenir confirmation génétique, et donc d’améliorer l’action d’urgence (indemnisations, protection des troupeaux) dont on sait que la rapidité est un gage de réussite. Cette étude montre aussi l’écart entre les discours généralement répandus sur les problèmes de chiens « errants », et la réalité de la situation vécue par les éleveurs dans les Alpes du Sud.
