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Arrêté ministériel autorisant des opérations de destruction de loups.

vendredi 20 juin 2008

L’arrêté du 23 mai 2008 autorisant des opérations de destruction de loups (Canis lupus) pour la période 2008-2009 a été publié aujourd’hui (20 juin 2008) au Journal Officiel.

JO du 20/06/2008

L’avis de Ferus (publié le 28 mai dernier) :

Le plafond maximum de loups qu’on pourra prélever légalement reste fixé à 6, comme les deux années précédentes, ce qui est normal puisque depuis deux ans rien n’indique une progression significative du nombre total des loups présents.

Le principal point de conflit entre l’administration et nous subsiste malheureusement à ce stade. Les "tirs de défense" devront être réalisés avec des armes à canon lisse (des fusils, qui ne portent pas très loin). C’est ce que nous demandions, les tirs de défense ayant surtout pour but de montrer aux loups que les moutons sont des proies à risque, pas de "faire du chiffre " de loups abattus. C’est pour cette raison que les associations de conservation (WWF, FNE et FERUS) avaient accepté un assouplissement des conditions de mise en oeuvre des tirs de défense.

Mais si aucun résultat n’est obtenu au bout de trois semaines, le préfet pourra autoriser l’emploi de carabines (qui sont mortelles à grande distance et nettement plus précises). Ces tirs seront réalisés par des chasseurs (lieutenants de louveterie et "gardes" assermentés). On glissera alors du tir de défense au tir de prélèvement. Ce mélange des genre est inacceptable, il existe des conditions dans l’arrêté pour déclencher des tirs de prélèvement elles sont ou ne sont pas remplies. L’administration par ailleurs écrit elle-même que les tirs "de prélèvement" doivent être l’exception dans les ZPP, zones de présence permanente de meutes installées, qui occupent et "tiennent" leur territoire et écartent les loups concurrents. Elle écrit aussi que les loups chassant seuls sont nettement plus enclins à tuer des moutons, proies plus accessibles que les ongulés sauvages, lesquels ont la préférence des loups chassant à plusieurs. Abattre un loup d’une meute dans une ZPP, meute souvent réduite en France à un couple, c’est paradoxalement augmenter les probabilités d’attaques sur les troupeaux.

Quoi qu’en dise l’administration, cette dérive est la porte ouverte à une chasse du loup (réservée aux privilégiés introduits auprès des DDAF que sont les louvetiers), les ONG de protection la combattront fermement.

Voir en ligne : Legifrance

P.-S.

Voir aussi : Plan loup 2008-2012

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