La création d’une commission d’enquête sur les "conditions de la présence du loup", adoptée le 5 novembre à l’unanimité par les députés, montre que le loup suscite toujours la controverse, dix ans après avoir été à nouveau aperçu dans les Alpes françaises.
Totalement disparu de France depuis les années trente, le loup, espèce protégée, était réapparu le 5 novembre 1992 (il y a 10 ans jour pour jour) dans le parc national du Mercantour (Alpes-Maritimes).
La commission vise à "établir les conditions de la présence du loup" et à "évaluer le coût, l’efficacité et les conséquences des dispositifs engagés par les pouvoirs publics en faveur du loup".
Plusieurs députés, essentiellement de départements alpins, réfutent la thèse du retour naturel du "grand prédateur" en France depuis les Abruzzes (Italie), qui le place sous la protection de la Convention de Berne.

"Si il est démontré qu’il a été introduit artificiellement, je suis pour qu’on le capture, car il existe des endroits beaucoup plus adaptés que nos Alpes", a dit à l’AFP Christian Estrosi, député UMP des Alpes-Maritimes qui, dans l’hémicycle, a évoqué les "larmes, l’angoisse, la détresse" causées par la présence du loup. Ils sont évalués à une cinquantaine dans l’arc alpin.
Le rapporteur du projet Patrick Ollier (UMP) a souligné que son retour dans le "monde très organisé de l’élevage ovin extensif", a entraîné des "préjudices considérables, totalement inacceptables pour les hommes et les femmes vivant dans nos montagnes".
Seul le député PCF André Chassaigne a dit ne pas se reconnaître dans cette "approche caricaturale du monde rural". Il a dénoncé la tendance à "rendre le loup seul responsable de la mise en péril de la filière ovine en montagne".
Devant les protestations de ses collègues, il s’est interrompu et a lancé : "j’attends que les loups se calment !"
Il s’est dit satisfait que le champ d’enquête de la commission se préoccupe des "conditions d’un pastoralisme assurant pleinement ses fonctions écologiques, sociales et économiques" et a été rejoint sur ce point par le député PS Jean Launay.
Interrogée de son côté par l’AFP, l’association écologiste France Nature Environnement s’est élevée contre l’idée que "le nombre d’attaques de loups augmente. Depuis plusieurs années, autour de 1.000 brebis sont tuées par an", et 8.800 brebis victimes supposées du loup ont été indemnisées entre 1993 et 2001, sur un cheptel de plus de 90.000 moutons présents dans les alpages.
Le député Verts Yves Cochet, ancien ministre de l’Environnement, craint lui que l’on "veuille piéger les loups, les mettre dans des parcs ou les repousser vers l’Italie : c’est de l’antilupisme primaire", a-t-il dit à l’AFP.
"L’ancien ministère de l’Environnement avait un plan d’action, comprenant une expertise des proies des loups, des parcs de contention de nuit, de chiens de protection", a-t-il relevé, en se déclarant peu optimiste sur sa poursuite.
Source AFP - Nov 2002
Le dossier "loup" sur le site de l’assemblée (Ils auraient pu mettre une photo de loup et non de chien !!! - NDR)
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